
Dans notre monde occidental paradoxal, la course à la consommation, au
plaisir, à la production se confronte de plus en plus à une quête de
sens. L'individu, plus que jamais public, du fait des nouvelles
technologies, cherche aussi paradoxalement à se retrouver tout en
étant connecté au monde. Depuis longtemps, les cultures asiatiques ont
adressé cette problématique, et ce n'est pas pour rien que beaucoup de nos
contemporains restent attirés par le Boudhisme et ses avatars. Comment vivre
la sérénité dans notre monde occidental contemporain ? Comment permettre ce
moment de grâce où l'on vit sa plénitude ? Comment provoquer cette juste
harmonie entre son corps, son esprit, les autres et l'univers ? Comment
capter, ici et maintenant la voix de l'infini qui nous souffle que nous sommes
partie d'un grand Tout ?
Avec
Kokyu - qui veut dire "souffle" en japonais - Coralie Coms
tente d'apporter une réponse à la fois pratique et poétique. En s'inspirant
des traditions du bain japonais, Coralie réinvestit le seul lieu de l'habitat où
se trouvent mêlés nudité, isolement, eau et plaisir : la salle de bain. En
jouant sur la simplicité formelle des jardins japonais, Coralie a conçu une
plage de galets, parcourue d'une vague lumineuse au rythme de la respiration de
l'hôte de la salle de bain. Cette respiration est elle-même "captée" par un
collier, à la fois témoin et compagnon, qui transmet à la plage de galets, le
rythme de leur fluctuation. Dans une autre configuration, un galet témoin du
temps et des saisons, placé en dehors de l'habitation, saisit lui aussi
l'ambiance des instants extérieurs et les retransmet aux galets de la salle
d'eau. Ces deux configurations sont de plus mélangeables, offrant ainsi de
multiples combinaisons, ou la simplicité se mêle à
l'étonnement.
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